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Frank Michael a une passion

Frank Michael a une passion
Frank Michael a une passion pour les belles voitures. Elle lui vient du temps où son père tenait un garage. « Je faisais le pompiste », dit-il.


DES FERRARI modèles réduits en vitrine dans l'entrée de la maison, située dans la banlieue de Liège. Dans le garage, les mêmes modèles, mais en taille réelle. Avant de les sortir, le chanteur Frank Michael dont le nouvel album, « Mes hommages », sera demain dans les bacs hésite. Il craint que la vision de ses marottes rouges et vrombissantes donne lieu à une mauvaise interprétation.

« Vous savez, il y a toujours des jaloux... » arguait-il jeudi dernier, accompagné de son beau-fils, qui gère ses affaires.

Finalement, il fait prendre l'air à deux de ses bolides : une Modena trapue au moteur apparent et une splendide Maranello, la plus puissante. « Michael Schumacher a la même et s'en sert tous les jours », précise-t-il, un peu fier. Sa première Ferrari ? Une 328, « la même que Magnum. Cette passion de la belle mécanique m'est venue très jeune, lorsque je travaillais avec mon père dans un garage. Je faisais le pompiste. »

« A une époque, je donnais plus de 100 concerts par an »

Il est comme ça, Frank Michael. D'extraction modeste et fort d'une carrière exemplaire au service des dames avides de chansons d'amour, il peine encore et toujours à étaler sa réussite. Question de caractère. Du côté de Liège où il a toujours vécu, ce Belge né en Italie il y a cinquante-cinq ans est pourtant une star locale, en compagnie des réalisateurs Luc et Jean-Pierre Dardenne. Une authentique vedette de la chanson populaire, tout en douceur, avec de faux airs de Bryan Ferry. Après chaque tournée, il revient d'ailleurs à Seraing retrouver sa compagne dans cette vaste maison à son goût. « C'est chez moi, affirme-t-il tout simplement. A une époque, je donnais plus de 100 concerts par an, parfois plusieurs par jour. J'étais dans le même circuit qu'Herbert Léonard, Dave ou encore C. Jérôme. »

Tout un monde. Celui d'une variété populaire au public fidèle, des dames d'un certain âge toujours prêtes à se déplacer pour acheter ses disques et à voir leur idole sur scène. Des femmes qui n'hésitent pas non plus à lui envoyer des fleurs et des cadeaux faits main, autant d'assiettes peintes et d'horloges à son effigie. Ou encore des vierges Marie en provenance de Lourdes, entreposées dans une pièce à part d'une autre maison qui lui sert de bureau. « Elles savent que je suis croyant », dit-il dans un souffle. Dans son jardin, il a planté des oliviers. Au fond, derrière la piscine, on trouve une autre Madonne entourée de guirlandes lumineuses : « J'ai essayé de reconstituer le sanctuaire d'Udine en Italie, à la frontière autrichienne. J'y vais tous les ans parce que mon père, malade du coeur, s'y était rendu peu après son arrivée en Belgique. » Le voeu du paternel, aujourd'hui disparu, a alors été exaucé : il a quitté la mine pour travailler en usine.

Pas loin de chez lui, Frank Michael a installé sa mère, 85 ans. A peine plus loin, sa fille. Les Gabelli, son vrai nom, forment un clan solide. Ces derniers temps, le chef de famille est encore plus souvent sur les routes, à l'assaut d'une Allemagne où il commence à se faire un public. Il apprend la langue et compte conquérir ce territoire : « Il faut toujours travailler dans mon secteur sinon, on est très vite oublié. Je ne fais jamais les choses à moitié. » Le secret d'une réussite forgée en toute discrétion.

Frank Michael en concert les 18, 19 et 20 septembre 2009 au Casino de Paris. Album « Mes hommages

# Posté le lundi 17 novembre 2008 15:02

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